Magali
à l'age où les enfants dorment paisiblement dans leur poussette, Magali assistait aux entraînements équestres de ses parents, aux abords d'une carrière ombragée. Très vite elle s'est jointe au groupe de spectacle, à cru, sur le dos de son petit poney noir Chiquito.
Par la suite elle se lance dans la voltige en ligne et l'endurance. Sa vraie passion reste pourtant le dressage. Elle se perfectionne sous l'oeil vigilant de ses parents en travaillant les chevaux issus de l'élevage. Magali enrichit sa formation au Portugal, chez de grands cavaliers tels que Jose Ataide et Carlos Pinto puis elle passe un monitorat d'Etat. Plus tard ,profitant de quelques jours de relâche pendant les périodes de spectacle, Magali et Dao découvrent les joies de la compétition au niveau grand prix en parcourant la France de haut en bas pour suivre tous les concours proposés dans cette catégorie. Mais ses moments préférés restent ceux partagés avec Dao, sans selle ni bride, les cheveux au vent sur une plage de Malibu, grisée par la vitesse du cheval libre....

Frédéric vient lui aussi d'une famille de cavaliers mais son parcours est plutôt atypique. C'est de leur père que lui et ses frères et soeur, tiennent leur philosophie des chevaux.
Sa passion pour l'analyse et la compréhension des animaux, il l'a depuis tout petit, puisqu'il passait son temps à observer les chiens, les chats, les poneys, puis à les dresser dans le but de communiquer avec eux. C'est même à dos de bélier, que les deux frères ont fait leurs premières armes de cavaliers ! Un bélier noir, mascotte de la maison, qui acceptait le mors et les brancards pour tirer une poussette ! Vers 10 ans il change de monture et passe à poney. A cru, avec comme harnachement une unique corde ou une bride de fortune, il part en balade tous les soirs à la sortie de l'école et en randonnée pendant des jours entiers dans les montagnes voisines.
Après un court passage aux Beaux-Arts, il revient au cheval, et décide d'en faire son métier. Déjà passionné par le spectacle il rejoint l'école de Georges Branche, où il apprendra les arts de la voltige et la cascade. Il se rend compte qu'il lui manque les bases du dressage, ses recherches pour se perfectionner en ce domaine le font atterrir (il suit des cours) dans un centre équestre du sud de la France, où il rencontre Magali. Il se spécialise ensuite dans le dressage en liberté avec des étalons.

Estelle a été baptisée dans la petite église de Cheval Blanc un village provençal niché au flanc d'une colline. Toute son enfance sera bercée par le bruit des sabots, ses parents venant même la chercher à l'école en calèche !
Toute petite déjà, Estelle adore le spectacle et tout ce qui l'entoure: maquillages, paillettes costumes... !
Ses jours de vacances, elle les passe accrochée à la taille de sa soeur Magali sur le dos de leur jument Favorita,
une belle vieille jument lusitanienne qui se prête à toutes leurs fantaisies!Favorita est tantôt déguisée en championne de saut, guêtres et bombe bien sûr, tantôt en bonne randonneuse, sandwich et avoine dans les sacoches ! Le lendemain rubans dans les crins et damiers sur la croupe, elle emmène fièrement les 2 soeurs en costume espagnol pour leur premier défilé en ville.
Sans oublier les chutes, suivies de fous rires et de bosses!!!
Estelle a toujours rêvé monter debout sur 2 chevaux en poste hongroise, ça a été un de ses grands challenges durant ces deux dernières années. Elle a persévéré et aujourd'hui on peut la voir débouler à plein galop, sur une poste à 4 chevaux dans le spectacle Cavalia.

Magali raconte:

Mes parents débutent leur élevage de chevaux lusitaniens avant ma naissance, au même moment les parents de Fred proposent des promenades à cheval dans la Drôme.

Nous grandissons au milieu des chevaux, pour ma part j'ai toujours été passionnée par le dressage. Dès l'age de 10 ans j'aide mon père au travail des chevaux et participe avec Estelle aux spectacles ou sont en vedette mes parents avec leurs beaux lusitaniens.

Fred, en ce temps la se chamaille avec ses frères à dos de cheval bien sur ! fait les pires bêtises, chevauchant sa jument sans selle à travers les montagnes de la Drôme.

A 18 ans, je décide de passer un monitorat d'Etat pour enseigner le dressage, je participe à quelques concours et spectacles ,et je passe quelques mois au Portugal pour me perfectionner. Dès mon retour, je débute l'enseignement dans un centre équestre à Apt dans le Vaucluse à quelques kilomètres de chez moi, ce qui me permet pendant mes heures libres de retourner monter mes chevaux.

De son coté, Fred est en formation pour 2 ans à Paris chez Georges Branche, un des meilleurs cascadeurs de France, chez qui il apprend la voltige, les chutes de hauteur, les cascades de film. Une fois son contrat terminé, il est embauché dans un charmant petit centre équestre à Apt! Fatalité ou loi du destin? Nous voila partenaires de travail, nous partageons nos activités, voltige, dressage, liberté… et notre amour des chevaux finalement nous rapproche. Quelques mois plus tard nous inaugurons notre première écurie commune, pensions, leçons, spectacle. Nous avons avec nous Templado, notre premier cheval de spectacle. En moins d'un mois l'écurie est à son comble et de petits spectacles se profilent à l'horizon. Pendant 2 ans nous parcourons tous les villages de France, en solo ou en intégrant nos numéros aux spectacles variés et originaux présentés et organisés par Chaps, grand cascadeur et homme de spectacle. Une rencontre qui a été déterminante à nos débuts.

Un soir, le producteur de Cheval Passion d'Avignon Pierre Lapouge vient nous voir dans nos installations à Tavel, nous lui proposons un numéro spécialement conçu pour son spectacle "Les Crinières d'or ". Il fait nuit et nous avons loué des projecteurs et une sono pour l‘ambiance. Templado fait son apparition, la lumière jaune projetée dans sa crinière lâchée au gré du vent lui donne l'apparence d'un cheval mystique. Pierre lapouge, avide de nouveauté, est emballé,. Personne auparavant n'a encore vu Templado, il le veut absolument pour son show .Cheval passion est un succès, de grands organisateurs nous contactent pour nous produire un peu partout en Europe. La petite écurie s'agrandit nous avons alors 8 chevaux de spectacle.

Trois ans plus tard, toujours en évolution et avides de création, nous rencontrons Don Manuel Vidrié par l‘intermédiaire de notre amie Julia Calvière. Il est l’un des cavaliers à l'origine de l'Ecole Royale Andalouse d’Espagne. À la demande d’un propriétaire d’un parc écologique à Saint Domingue, Jose Miguel Moreno, il a le mandat de monter un spectacle équestre et il nous propose de faire partie de l'équipe. Nous avons 2 heures devant nous pour prendre la décision. Coups de téléphone aux parents: "-Qu'en pensez vous?

-Tentez la chance c'est une expérience inespérée!"

Le OK est lancé,1 mois plus tard nos affaires sont empaquetées, les chevaux de propriétaires placés et nous voila à 5 heure du matin en train d'embarquer nos 7 chevaux, le poney et Bulle notre chienne. Les larmes aux yeux et pleins de beaux souvenirs dans la tête, nous partons vers l' Espagne pour le début des répétitions qui durerons 3 mois. 3 mois de rêves, un accueil formidable à la ferme de Don Manuel, les visites d'élevage de taureaux, de chevaux, les achats dans les petits magasins typiques, les répétitions bien sûr et la rencontre de Don Alvaro Domecq, un grand personnage.

Le spectacle est prêt, nous embarquons les 30 chevaux en direction des plages romantiques des Caraïbes. Nous resterons 2 ans dans ce petit paradis de verdure et d'exotisme. Le spectacle va très bien, nous améliorons notre travail avec l'aide de Don Manuel qui nous donne son savoir sans limite. Entre temps de nombreuses propositions nous parviennent, il est temps de rentrer en France. Maurice Galle, l'organisateur de nombreux spectacles équestres en France nous propose de faire notre retour dans les arènes de Nîmes. Le monde du cheval nous attend avec curiosité. Ce soir-là, nous enchaînons voltige, carrousel à 8 chevaux en haute école, rênes à la ceinture, pas de 2 « le miroir » et les 3 étalons blancs en liberté. Nos chevaux ont évolué dans leur travail et nous dans notre présence sur scène. Le public est debout, c'est un succès.

Lors de la 2ème année à Santo Domingo nous avons été contactés par le plus gros dîner spectacle aux Etats-Unis, Arabian Nights, pour aller entraîner leurs cavaliers et leurs 60 chevaux. Nous revoilà partis quelques jours après Nîmes pour les USA, ou nous intervenons à raison de 4 fois par an. Pendant ce temps, notre tournée en France s'annonce excellente, les plus grands spectacles nous contactent, nous parcourons la France entière, Paris Bercy, Lyon, Cannes, Avignon, les Saintes Marie de la mer... Nous voilà au bout d'un an traversant l'Europe entière, L'Allemagne notamment Equitana à Essen, 4 ans successifs, la Suède, l 'Espagne, la Hollande, l’Italie, Monaco où le prince Rainier et la Princesse Caroline nous offrent en cadeau de mariage un diamant. Monaco est le dernier spectacle que nous avons donné en Europe en Avril 2003. Nous nous marions le 17 mai 2003 et organisons, à cette occasion, une grande fête qui dure 4 jours et réunit tous nos amis.

Nous nous envolons le 24 mai avec nos 15 chevaux, vers le Canada. Un projet qui a mis 3 ans avant d'aboutir grâce à la persévérance du producteur Normand Latourelle un des pionniers du Cirque du soleil. Il rêve de créer un spectacle équestre multimédia à grand déploiement. Le projet nous emballe, nous partageons les mêmes idées artistiques. Ce qui nous séduit aussi est que Normand et Dominique, son épouse, comprennent nos exigences sur le bien-être de nos chevaux en tournée. Sur le lieux des répétitions les paddocks en sable sont aménagés et les hectares de prés aux alentours clôturés, le personnel des écuries minutieusement recruté pour son amour des chevaux. Le grand chapiteau blanc se dresse enfin, fier de représenter le rêve de quelques personnes passionnées. L'aventure peut commencer! Les répétitions se succèdent pendant 4 mois, nous donnons notre 1er spectacle à Shawinigan, une petite ville près de Montréal, le public est sous le charme. Plus de 14 représentations au total seront proposées alors que 3 seulement étaient prévues! La tournée débute sur les chapeaux de roue à Toronto. La ville de Montréal est la prochaine en plein mois de Décembre, avec 1 mètre de neige, moins 40 degrés C... Malgré le froid le spectacle réchauffe les cœurs de 70 000 spectateurs en 6 semaines!

Fin Janvier, sur l'aéroport de Montréal, les 30 chevaux embarquent dans un avion affrété à cet effet sous une neige battante! Le blanc immaculé du Canada, remplacé par le beige nacré des plages californiennes ! Nous resterons un an et demi, arpentant de long en large la côte ouest : San-Francisco, Glendale, Seattle, Berckeley, San Diego, Santa Monica, Phoenix. Toujours le même accueil enthousiaste d' un public sincère, profondément touché par la simplicité des rapports amicaux qui nous lient à nos chevaux. Avant de repartir vers la cote est en fin d'été 2005, un petit détour par Toronto et Montréal nous semblait bienvenu, histoire de faire un petit coucou à ce merveilleux public qui nous a toujours soutenus depuis le départ ! Nous descendons ensuite vers le sud, Boston, Washington, Houston, Dallas puis Montréal, Quebec et enfin pour cloturer cette belle tournée de 3 ans et demi en amérique du nord, nous nous produisons dans l'incontournable ville du spectacle, Las Végas.